Pass sanitaire samedi 5, et maintenant ? 14 août 2021, Nantes

Comme lors des précédentes mobilisations, le rendez-vous était à 14h à la croisée des trams. Quelques milliers de personnes ont arpentées les rues de Nantes. Sous un vrai soleil d'été cette fois-ci, le cortège s’est mis en marche rapidement en direction de l'hôpital, pour ne pas changer. Alors que les forces de l'ordre étaient quasiment absente du centre-ville (si ce n'est pour empêcher l'accès à la place Roger Salengro devant la préfecture, et le Radison), les manifestants ont pu s'aventurer partout dans l'hyper centre sans encombre et dans la bonne humeur. Des scènes parfois très contrastées avec des personnes consommant en terrasse soudainement submergées de manifestant·e·s. Ces derni·ers·ères ont essayé·e·s de s'introduire dans le château des ducs, sans succès. L'idée était d'investir symboliquement un lieu pratiquant la discrimination au pass sanitaire, particulièrement depuis la mise en place de bracelets bleus pour les personnes vaccinées et souhaitant aller dans différents endroits du voyage à Nantes. Tout c'est terminé autour d'un banquet, certifié sans discrimination, place Royale. Cependant, alors que le pass sanitaire est donc désormais en vigueur, que le conseil constitutionnel a dit, grosso modo, « circulez, y'a rien à voir », que le pouvoir exécutif se fout royalement de ses mobilisations, voir s'en satisfait, par la division qu’elles créent au sein de la population, il semble primordial de se questionner sur la suite du mouvement. L'absence marquée de forces de l'ordre, depuis deux semaines, alors qu'on dénombre plusieurs milliers de personnes, pose question. Depuis plusieurs années, nous n'avons jamais vu une seule manifestation avec aussi peu de présence policière à Nantes, même lorsqu'il s'agit de quelques centaines de lycéen·e·s manifestants pour leur avenir. Et encore moins autant de régulation de la circulation par les flics pour des manifestations non-déclarées. Il s'agit très certainement de marqueurs forts de l'absence de danger total que représente désormais cette mobilisation pour le gouvernement. À l'époque des gilets jaunes, c'est bien la détermination de ces derni·ers·ères devant des portes de ministère avec des fenwick par exemple, qui avait poussé le ministère de l'intérieur à durcir la répression et la présence de forces de l'ordre. C'est bien avec l'apparition de revendications sociales claires, que notamment, le président avait organisé un grand débat guignolesque pour tenter de se transformer en général « je vous ai compris ! ». À moins d'un an des présidentielles, et après un nouveau rapport du GIEC nous alertant sur le fait que nous ne pouvons désormais plus que limiter la catastrophe climatique qui advient déjà sous nos yeux, il est urgent de se mobiliser en masse sur des enjeux socios et climatiques clair, pour stopper cette glissade sans fin dans une société de contrôle autoritaire.